Ce qui gâche le plus une soirée spectacle

Six irritants, un seul podium.

Le voisin qui parle
25,0 %
Les téléphones levés
0,0 %
Le grand devant toi
50,0 %
Le début en retard
0,0 %
La file d’attente
25,0 %
Le prix des boissons
0,0 %

4 voix au total

Les arguments de chaque camp

🗣️ Le voisin qui parle

Le seul qui vous prive de ce que vous êtes venu chercher : le son. Une réplique manquée ne se rattrape pas.

📱 Les téléphones levés

L’écran allumé deux rangs devant, et la seule gêne de la liste qui soit aussi une infraction au droit de l’artiste.

🙈 Le grand devant toi

Il ne fait rien de mal, et c’est ce qui le rend insoluble : aucune règle de savoir-vivre ne s’applique.

⏰ Le début en retard

Il se paie deux fois : vingt minutes d’attente assise, puis un dernier métro qui devient incertain.

🐌 La file d’attente

Elle frappe au pire moment, celui où l’on est encore dehors et où l’on doute d’avoir pris la bonne entrée.

🍺 Le prix des boissons

Le seul que l’on peut éviter entièrement, ce qui n’empêche personne d’en parler tout le trajet du retour.

Ce que disent les chiffres

Les premières voix sont tombées — 4 voix au total — et elles penchent vers Le grand devant toi. Trop peu, encore, pour parler de verdict.

Six irritants, un seul podium

Il y a deux façons de rater une soirée de spectacle. La première ne dépend de personne : le spectacle est mauvais, et il n’y a rien à en dire. La seconde est bien plus fréquente, et c’est celle qu’on raconte le lendemain — le spectacle était bon, mais quelque chose l’a abîmé. Ce classement ne juge pas les salles ni les artistes : il met en concurrence six agacements que tout le monde a déjà vécus, et demande lequel pèse vraiment le plus lourd.

Le voisin qui parle

C’est le seul de la liste qui vous prive directement de ce que vous êtes venu chercher : le son. Il a aussi une particularité redoutable, celle de se décliner en plusieurs espèces — celui qui commente, celui qui explique à sa voisine ce qui vient de se passer, celui qui reconnaît la chanson et l’annonce. Sur un one-man-show, l’effet est maximal : une réplique manquée ne se rattrape pas, et le rire collectif de la salle rappelle en direct ce que l’on vient de perdre.

Les téléphones levés

C’est l’irritant le plus récent, et le seul à avoir une existence juridique. Filmer un spectacle sans autorisation n’est pas une simple incivilité : l’artiste-interprète dispose d’un droit voisin sur sa prestation, et la fixation comme la diffusion de celle-ci supposent son accord écrit (article L212-3 du code de la propriété intellectuelle). C’est ce qui explique la formule entendue dans toutes les salles avant le noir, et c’est aussi pourquoi certains humoristes vont plus loin en faisant enfermer les téléphones du public dans des pochettes verrouillées pendant toute la représentation — une pratique née aux États-Unis et arrivée depuis sur les scènes françaises.

Reste la question de fond, sur laquelle ce match vous demande de trancher : un écran allumé deux rangs devant vous vous gêne-t-il plus qu’une conversation à côté de vous ?

Le grand devant toi

Celui-là ne fait rien de mal, et c’est ce qui le rend insoluble. Aucune règle de savoir-vivre ne s’applique, aucun rappel avant le spectacle n’y changera quoi que ce soit. La seule réponse est architecturale : les salles conçues récemment décalent les fauteuils d’un rang à l’autre et relèvent progressivement le sol pour dégager les lignes de vue. Dans une salle ancienne, cette correction n’existe pas ou peu — d’où l’existence même des balcons, et d’où le fait que le choix de sa place, sur ce genre de soirée, se joue souvent avant d’entrer.

Les trois qui frappent avant le lever de rideau

Le début en retard, la file d’attente et le prix des boissons ont un point commun : ils ont déjà fait leur effet quand le spectacle commence. Le retard est le plus insidieux, parce qu’il se paie deux fois — vingt minutes d’attente assise, puis un dernier métro qui devient incertain. La file, elle, arrive au pire moment, celui où l’on est encore dehors et où l’on doute d’avoir pris la bonne entrée. Quant au prix des boissons, c’est l’irritant que l’on peut éviter entièrement, ce qui n’empêche personne d’en parler tout le trajet du retour.

Ce que ce classement mesure, et ce qu’il ne mesure pas

Un classement d’agacements ne dit pas ce qui arrive le plus souvent : il dit ce qui reste en mémoire. Ce sont deux choses différentes, et l’écart entre elles est précisément ce qui rend le résultat intéressant. La file d’attente est presque systématique et pourtant elle s’oublie ; le voisin qui parle est rare et pourtant on s’en souvient des années.

Attendez-vous aussi à un classement qui dépend de l’âge et du type de salle fréquenté. Le téléphone levé n’a pas du tout le même poids selon que l’on va au concert debout ou au théâtre assis — et sur un vote ouvert, c’est la composition du public qui décidera du podium autant que la gêne elle-même.

Sources : code de la propriété intellectuelle, article L212-3 (droits de l’artiste-interprète sur la fixation et la communication de sa prestation) ; pratiques de salles et de tournées pour les pochettes verrouillées. Vérifié le 25 août 2026.