Cinq prétendants, cinq histoires très différentes
Ce classement met face à face quatre races et un non-race, et c’est volontaire. Le Maine Coon est le géant de la bande : originaire du nord-est des États-Unis, où sa fourrure épaisse et ses pattes larges étaient des adaptations au climat, il détient régulièrement les records de longueur pour un chat domestique et figure depuis des années en tête des races les plus enregistrées en France.
Le Ragdoll est né en Californie dans les années 1960, d’une sélection menée par une éleveuse qui recherchait un chat très docile. Son nom vient de son comportement caractéristique : il se détend complètement quand on le prend dans les bras. Le Bengal, lui, descend d’un croisement entre un chat léopard d’Asie et des chats domestiques — d’où sa robe tachetée, et une énergie qui surprend beaucoup d’adoptants. Le British Shorthair est l’un des plus anciens types standardisés d’Europe, issu des chats communs britanniques, et doit sa popularité récente à une tête ronde qui fonctionne remarquablement bien à l’écran.
Pourquoi le chat de gouttière est dans ce classement
Parce qu’il est de très loin le plus répandu, et qu’un classement des plus beaux chats qui n’aligne que des pedigrees mesurerait autre chose que la beauté : il mesurerait l’élevage. Le chat sans race — appelé aussi européen, chat de maison ou simplement « chat » — représente l’écrasante majorité des animaux qui vivent chez les gens. Il n’a pas de standard, donc pas de silhouette attendue, et c’est précisément ce que ses défenseurs opposent aux autres : chacun est unique, et celui qu’on défend est le sien.
Ce que ce vote va réellement mesurer
Soyons honnêtes sur la mécanique : personne ne vote ici pour une esthétique abstraite. On vote pour l’animal qui dort à la maison, ou pour celui qu’on rêve d’adopter. Le résultat sera donc un mélange de deux choses — la popularité réelle des races dans les foyers, et leur pouvoir d’attraction sur ceux qui n’en ont pas encore.
Un second biais mérite d’être nommé : les races très photogéniques bénéficient d’une exposition massive sur les réseaux, largement supérieure à leur présence réelle dans les foyers. Si le classement final s’écarte franchement des statistiques d’élevage, ce sera exactement ce qu’il aura mesuré.
Un mot sur ce que nous n’avons pas mis
Certaines races très présentes en ligne reposent sur des mutations qui font débat parmi les vétérinaires, notamment lorsqu’elles touchent le cartilage ou la respiration. Nous avons choisi de ne pas les faire concourir : un classement de beauté qui récompenserait une caractéristique associée à des troubles serait un mauvais service rendu aux animaux comme à ceux qui les adoptent.
Sources : statistiques d’enregistrement des races par le livre officiel des origines félines (LOOF) ; standards des principales fédérations félines ; documentation historique des éleveurs à l’origine du Ragdoll et du Bengal.