Un ou une après-midi ?

Les deux sont corrects. C’est bien le problème.

Un après-midi
0,0 %
Une après-midi
100,0 %

1 voix au total

Les arguments de chaque camp

☀️ Un après-midi

Le genre du noyau du mot : midi est masculin, donc après-midi aussi. Largement majoritaire à l’écrit contemporain.

🌤️ Une après-midi

L’héritage de l’après-dînée et de la relevée, les formes féminines que le mot a remplacées au XVIIIe siècle.

Le rapport de force jour après jour

Répartition des voix à la fin de chacun des 30 derniers jours enregistrés.

16 septembre 2026 — Une après-midi : 1 17 septembre 2026 — Une après-midi : 1 18 septembre 2026 — Une après-midi : 1 19 septembre 2026 — Une après-midi : 1 20 septembre 2026 — Une après-midi : 1 22 septembre 2026 — Une après-midi : 1 23 septembre 2026 — Une après-midi : 1 24 septembre 2026 — Une après-midi : 1 25 septembre 2026 — Une après-midi : 1 26 septembre 2026 — Une après-midi : 1 27 septembre 2026 — Une après-midi : 1 28 septembre 2026 — Une après-midi : 1 29 septembre 2026 — Une après-midi : 1 30 septembre 2026 — Une après-midi : 1 1 octobre 2026 — Une après-midi : 1 2 octobre 2026 — Une après-midi : 1 3 octobre 2026 — Une après-midi : 1 4 octobre 2026 — Une après-midi : 1 5 octobre 2026 — Une après-midi : 1 6 octobre 2026 — Une après-midi : 1 7 octobre 2026 — Une après-midi : 1 8 octobre 2026 — Une après-midi : 1 9 octobre 2026 — Une après-midi : 1 10 octobre 2026 — Une après-midi : 1 11 octobre 2026 — Une après-midi : 1 12 octobre 2026 — Une après-midi : 1 13 octobre 2026 — Une après-midi : 1 14 octobre 2026 — Une après-midi : 1 15 octobre 2026 — Une après-midi : 1 16 octobre 2026 — Une après-midi : 1
  • ☀️ Un après-midi
  • 🌤️ Une après-midi

16 septembre 2026 16 octobre 2026

Ce que disent les chiffres

Les premières voix sont tombées — 1 voix au total — et elles penchent vers Une après-midi. Trop peu, encore, pour parler de verdict.

Les deux sont corrects, et c’est officiel

Autant écarter tout de suite l’espoir d’un verdict : les deux genres sont admis. Le Dictionnaire de l’Académie française donne après-midi comme nom « masculin ou féminin », et le Petit Robert comme le Larousse font de même. Il n’existe aucune règle à opposer à celui d’en face, aucune faute à corriger, aucune autorité à invoquer. Ce qui explique la durée du débat : chaque camp a raison, et découvre avec agacement que l’autre aussi.

La conséquence est amusante : les deux phrases suivantes sont impeccables et peuvent être écrites par la même personne à quelques lignes d’intervalle sans que personne ne s’en aperçoive — « nous avons passé un bel après-midi » et « nous avons passé une belle après-midi ».

D’où vient l’hésitation

Le mot est un composé récent, formé de la préposition après et du nom midi. Il n’apparaît dans l’usage courant qu’au XVIIIe siècle, à une époque où l’on disait plutôt l’après-dînée ou la relevée — deux formes féminines. Le français avait donc déjà une manière de nommer ce moment de la journée, et elle était féminine.

Quand après-midi s’installe, deux logiques se rencontrent. La première dit que le genre d’un composé suit celui de son noyau : midi étant masculin, après-midi devrait l’être — c’est le raisonnement qui a donné un après-ski, un après-rasage. La seconde dit que le mot hérite du genre de ce qu’il remplace, c’est-à-dire de l’après-dînée et de la relevée, donc féminin. Aucune des deux n’a jamais tout à fait gagné.

Ce que fait réellement l’usage

Le masculin domine largement à l’écrit contemporain, et il domine plus encore à l’oral courant. Le féminin, lui, n’a pas disparu : il reste vivace dans une partie de la littérature, dans certaines régions, et surtout chez les locuteurs plus âgés, qui l’ont appris ainsi. Beaucoup de gens qui défendent aujourd’hui le masculin avec véhémence ont une grand-mère qui disait « une belle après-midi » sans y penser une seconde.

C’est ce décalage entre générations qui donne à ce duel sa saveur particulière. Contrairement à la plupart des débats de ce site, celui-ci ne sépare pas deux régions ni deux caractères : il sépare deux époques d’apprentissage de la même langue, et il permet de mesurer, presque en direct, la vitesse à laquelle un genre en supplante un autre.

Un mot qui n’est pas seul dans ce cas

Le français compte une petite poignée de noms à double genre, et ils déclenchent tous la même discussion. Après-midi en est l’exemple le plus fréquent, mais on trouve aussi enzyme, réglisse, palabre, ou encore perce-neige, longtemps masculin avant que l’Académie ne recommande le féminin. Le point commun de ces mots est presque toujours le même : une origine composée, savante ou récente, qui n’a pas laissé à l’usage le temps de trancher.

Deux détails que tout le monde oublie et qui règlent au passage des disputes annexes. Le pluriel est invariable : on écrit « des après-midi », sans s, parce que midi y garde sa valeur d’adverbe — la réforme orthographique de 1990 autorise cependant « des après-midis ». Et le trait d’union est facultatif depuis cette même réforme, même si sa suppression reste rare.

Reste la seule question à laquelle un dictionnaire ne répondra jamais : ce que dit vraiment l’usage aujourd’hui, en 2026, chez les gens qui parlent. C’est exactement ce que compte ce match — et à la différence d’une règle, un compteur n’a pas d’avis.

Sources : Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, entrée « après-midi » ; rubrique « Dire, ne pas dire » de l’Académie ; Le Petit Robert et Larousse, mêmes entrées ; rectifications orthographiques de 1990 (Journal officiel du 6 décembre 1990) pour le pluriel et le trait d’union.