Un ou une horaire ?

Un horaire, au masculin. Les panneaux disent souvent l’inverse.

Un horaire
Une horaire

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Les arguments de chaque camp

🕰️ Un horaire

Le masculin, seule forme des dictionnaires — du latin horarius, « relatif aux heures ».

⌛ Une horaire

Le féminin, attiré par « l’heure » et masqué par l’élision : on n’entend jamais le genre de « l’horaire ».

Ce que disent les chiffres

Personne n’a encore voté : ce débat vient tout juste d’ouvrir, et la première voix donnée sera la première ligne de son histoire.

On dit « un horaire », au masculin

Horaire est un nom masculin : un horaire, les horaires d’ouverture, des horaires décalés. Aucun dictionnaire n’enregistre de féminin, ni comme variante ni comme usage régional. Et pourtant « une horaire », « les nouvelles horaires » ou « horaires modifiées » se lisent tous les jours sur les portes des commerces, les sites des mairies et les panneaux des gares.

Ce match appartient à la famille des questions qui ont une bonne réponse : il ne mesure pas un partage entre deux normes, mais l’écart entre la règle et ce que les gens écrivent réellement.

L’heure, coupable idéale

Le premier responsable est évident : le mot heure, féminin, dont horaire est l’héritier direct. Quand on pense « horaire », on pense à des heures, et l’accord se fait avec l’idée plutôt qu’avec le mot. Les grammairiens appellent cela un accord par attraction du sens, et c’est l’une des sources d’erreurs de genre les plus fréquentes en français.

Le second responsable est plus sournois : l’élision. Devant une voyelle ou un h muet, l’article défini perd sa voyelle — l’horaire — et le genre disparaît. Au pluriel, les horaires ne dit rien non plus. Dans la plupart des phrases, on n’entend donc jamais le genre du mot, et c’est au moment d’écrire un adjectif qu’il faut le deviner. Le même piège frappe un en-tête, un effluve ou un pétale.

Un adjectif devenu nom

Horaire vient du latin horarius, « relatif aux heures ». En français, il a d’abord été un adjectif — on parle encore de fuseau horaire, de salaire horaire ou de vitesse horaire — avant de devenir un nom, et c’est au masculin qu’il s’est fixé. Son essor accompagne celui des transports et du travail réglé à l’heure : le nom désigne d’abord le tableau des heures de passage, puis toute répartition du temps.

Cette histoire explique aussi pourquoi l’adjectif s’accorde sans difficulté — une indemnité horaire —, ce qui brouille encore un peu plus les repères : le même mot est féminin devant un nom féminin, masculin quand il est seul.

Pourquoi le compteur compte ici

La faute est si fréquente qu’elle s’affiche dans des documents officiels, ce qui lui donne une légitimité apparente : quand une préfecture écrit « horaires modifiées », pourquoi douter ? Les mots qui se trompent publiquement, sur des panneaux, finissent par paraître corrects à force d’être vus.

Si le féminin rassemble une part importante des votes, ce ne sera pas l’aveu d’une ignorance individuelle, mais la mesure d’un usage installé. Les dictionnaires finissent parfois par enregistrer ce genre d’hésitation ; ils ne l’ont pas fait ici, et c’est précisément maintenant que la mesure a une valeur.

Sources : entrées « horaire » et « heure » du Trésor de la langue française informatisé (ATILF-CNRS), du Petit Robert et du Larousse ; étymologie latine donnée par le TLFi.